J’ai récemment interviewé l’entrepreneur suisse Philippe Voland dont le parcours m’a fait réfléchir à cette question.
À 23 ans, il dirigeait un restaurant-bar à Lausanne.
Il travaillait six jours sur sept, parfois jusqu’à quinze heures par jour.
Il avait grandi dans une famille de restaurateurs, fait son apprentissage de cuisinier dans le restaurant de son père, puis était devenu sommelier, barman et directeur d’établissement.
Bref, il avait construit toute sa carrière dans la restauration.
Mais à 30 ans, il décide de reprendre des études en marketing.
Il se réoriente ensuite vers l’événementiel d’entreprise et finit par créer, en 2013, un réseau de professionnels de l’immobilier.
Aujourd’hui, ce réseau rassemble plus de 9 000 professionnels et investisseurs en Suisse.
Ce qui m’a particulièrement intéressé dans son histoire, c’est qu’il ne considère pas vraiment avoir changé de métier.
Dans la restauration, son travail consistait à accueillir des clients, comprendre leurs attentes et créer les conditions pour qu’ils passent un bon moment.
Aujourd’hui, il organise des événements pour réunir des professionnels, faciliter les rencontres et créer des opportunités.
Finalement, le secteur a complètement changé, mais une grande partie des compétences qu’il utilise sont restées les mêmes.
Et ça m’a fait réfléchir.
Quand on parle de reconversion, on insiste souvent sur tout ce qu’il faut réapprendre : les nouvelles compétences, les formations, le manque d’expérience dans le secteur…
Mais on parle beaucoup moins de ce qu’on sait déjà faire et qui pourrait avoir de la valeur ailleurs.
Je me demande si on ne sous-estime pas énormément les compétences transférables lorsqu’on envisage de changer de carrière.
Du coup, je serais curieux d’avoir vos retours :
Pour ceux qui ont changé de métier ou de secteur après plusieurs années d’expérience, est-ce que vous avez eu l’impression de repartir de zéro ?